Monter un serveur RLCraft
RLCraft est le modpack le plus téléchargé de tous : près de 30 millions de téléchargements sur CurseForge. Sa promesse est simple — rendre Minecraft « injustement difficile » — et sa conséquence, sur un serveur, l'est moins. Voici ce qui change vraiment quand on l'héberge à plusieurs.
Ce que RLCraft fait au jeu, et pourquoi ça compte en multijoueur
Ce n'est pas un pack qui ajoute des machines : c'est un pack qui retire des filets. Ses auteurs le décrivent comme un défi « hardcore et semi-réaliste » tournant autour de la survie, du RPG et de l'exploration :
- soif et température — deux jauges de plus à surveiller, en permanence ;
- la nourriture ne soigne plus — la régénération passive est coupée ;
- la progression est verrouillée par des compétences : tu ne peux pas utiliser un équipement avant de l'avoir débloqué ;
- mobs et donjons profondément retouchés, dont des dragons et une faune agressive qui rôde la nuit.
En solo, mourir souvent fait partie du contrat. À plusieurs, ça change la dynamique du serveur : personne ne « rattrape » les autres en une soirée, et un joueur qui rejoint trois semaines après le début part de très loin. C'est le seul vrai conseil de groupe pour ce pack : commencez ensemble, ou acceptez que les nouveaux jouent une autre partie.
Version et Java : RLCraft vit en 1.12.2
RLCraft cible Minecraft 1.12.2 (et 1.11.2) avec le loader Forge. Ce n'est pas un détail d'archive : c'est une génération de Minecraft antérieure à la plupart des packs modernes, avec ses propres exigences.
La version de Java est liée à celle de Minecraft — le Minecraft Wiki demande Java 17 à partir de 1.18 et Java 21 à partir de 1.20.5, et « un environnement Java, version 8 ou supérieure » pour les versions antérieures comme celle-ci. Si tu t'héberges toi-même, c'est le premier piège : un Java choisi au hasard ne fait pas démarrer un pack de cette génération.
Chez nous, tu n'as rien à choisir : le loader et la version de Java sont déduits du pack.
La RAM : ses auteurs donnent le chiffre, et il parle du tas
RLCraft est l'un des rares packs à annoncer clairement son besoin. Sa page recommande « d'allouer 3 à 4 Go de RAM », avec des arguments d'exemple montrant -Xmx4G.
Or -Xmx, c'est le tas de la JVM — pas la mémoire de la machine. Le système, Docker et la mémoire hors-tas de Java vivent à côté. Chez nous, le tas vaut le plus petit de « RAM − 2 Go » et de « 75 % de la RAM » :
| Palier choisi | Tas JVM réel | Verdict pour RLCraft |
|---|---|---|
| 4 Go | 2 Go | sous les 3-4 Go annoncés |
| 8 Go | 6 Go | le bon choix |
| 16 Go | 12 Go | gros groupe, exploration lointaine |
Autrement dit : prends le palier 8 Go. Le palier 4 Go ne rend que 2 Go de tas, moins que ce que le pack demande lui-même — et l'écran de création t'avertira, parce qu'il compare des tas et non des tailles de machine.
Le CPU, pour une raison propre à ce pack
RLCraft peuple le monde de créatures : dragons, insectes géants, faune nocturne. Chaque entité vivante doit être simulée vingt fois par seconde, et une base attaquée la nuit peut en concentrer beaucoup au même endroit.
Le symptôme est reconnaissable : le serveur ne tombe pas, il traîne — les coups partent en retard, les mobs se téléportent. Si le tas est confortable et que ça arrive quand même, c'est le processeur : le niveau CPU dédié est le seul changement qui y répond.
À l'inverse, un serveur qui meurt quand un joueur s'éloigne du spawn est un problème de tas, pas de CPU : la génération de tronçons est ce qui consomme le plus de mémoire.
Les réglages qui comptent vraiment ici
Sur un pack aussi punitif, deux réglages changent l'expérience plus que tous les autres :
- La distance de simulation (3 à 32, 10 par défaut) : c'est le rayon dans lequel le serveur fait vivre le monde, donc les mobs. La descendre à 6 ou 8 est le geste le moins cher contre le lag — et sur RLCraft, il a un effet visible parce qu'il y a beaucoup à simuler.
- La liste blanche : RLCraft attire les curieux, et un serveur ouvert sur une partie hardcore de plusieurs semaines est une mauvaise idée. Ajoute les pseudos de ton groupe.
Le PvP mérite aussi une décision explicite avant de commencer : sur un pack où mourir coûte cher, il ne se laisse pas activer « pour voir ».
Le premier démarrage, et vos sauvegardes
Compte 15 à 25 minutes au premier boot : téléchargement du pack, résolution des mods, puis génération d'un monde bourré de structures ajoutées. Les démarrages suivants sont rapides. Ne coupe pas en croyant à un échec — c'est la panne fantôme la plus fréquente sur les gros packs.
Ensuite, le monde est archivé avant chaque arrêt, avec un save-all flush juste avant, et restauré au démarrage suivant. Une sauvegarde automatique tourne toutes les 30 minutes en cours de partie, dont les 5 dernières sont conservées.
Sur RLCraft, cette dernière ligne compte plus qu'ailleurs : une partie représente des dizaines d'heures de progression verrouillée par compétences, et elle ne se refait pas en un week-end.
Ce qu'il ne faut pas faire
Changer de pack sur un monde RLCraft. Le monde contient des milliers de blocs et d'entités que Minecraft ne connaît pas ; chargé sans ses mods, il les perd définitivement. Pour essayer autre chose, crée un second serveur.
Monter de version majeure. RLCraft est un pack 1.12.2 ; il n'existe pas de chemin de mise à jour vers une génération plus récente qui préserve la partie.
Crée ton serveur Minecraft et choisis RLCraft dans la liste des modpacks. Ta 1re partie est offerte.